Forêt du Cheyron depuis Roquesteron

La vallée de l’Estéron est sauvage et ne manque pas d’intérêts : aven, chênes centenaires, réserve biologique… Après plusieurs recos à pieds et à vélo, on finit par trouver quelques zones « roulables ».

Nous sommes donc partis ce matin : François, Véronique, Sylvain Biz et Antoine avec une trace en poche à la découverte de ce beau paysage.

Stupeur ! « Roquesteron », le petit village que nous devons traverser, a proprement disparu. À sa place se dresse « La Roque En Provence », copie quasiment conforme de l’original (mais qui aujourd’hui se souvient assez précisément du 1er village pour authentifier le 2nd ?). Quelques détails ont dû changer, mais lesquels ? Et pourquoi cette incroyable manipulation ? Étrange ambiance, puis bien vite énorme malaise : nous constatons bouleversés que le village est désert ; les habitants ont disparu.

Départ de Roquestéron

Nous attaquons l’ascension par une large piste herbeuse par endroit, elle semble peu fréquentée. Depuis combien d’années le pied de l’homme ou sa roue n’ont–ils plus signé de leurs traces ce chemin ?

Après avoir croisé des canyonistes perdus et des pivoines sauvages nous arrivons à le Pous. En fait, renseignements pris auprès des merles, une légende locale fait état de canyonistes perdus transformés en pivoines sauvages. Nous quittons rapidement Le Pous pour éviter tout sortilège.

Encore 500 m de montée et nous arrivons quasiment au bout de la piste. Il est presque midi, nous décidons de commencer par faire le bonus, histoire de nous en débarrasser. Nous sentons bien que notre rationalité nous a quitté ; elle ne préside plus à nos décisions.

Véronique va nous attendre sur le lieu du pic nique.

Pour arriver au point le plus haut de la sortie nous portons les vélos sans trop d’effort sur moins de 100 mD+. Nous enchaînons sur un beau travers en forêt partiellement roulable jusqu’à la b213. Il faudra repasser par là pour reprendre la trace initiale.

 

Nous amorçons la première descente, en direction de la b212. Puis, direction le Genévrier : quelques épingles sur un chemin peu étroit mais légèrement encombré avec quelques ornières. Première mise en condition sur ces sentiers sauvages.

Arrivé dans le vallon de Miaynes : un abris. Ce n’est pas la moindre de nos découvertes. Regardez bien cette photo : ne vous semble t’il pas extrêmement propret cet abris abandonné, inutile, déserté ? Nous nous méfions et prudemment passons au large.

Nous regagnons la piste par un sentier en sous-bois. Nouveau caprice spatio-temporel : l’herbe s’est mise à pousser à vue d’œil.

Nous rejoignons Véronique et entamons nos sandwiches. Véronique semble bizarre. Ses lunettes noires la protègent de l’hilarité béate qui nous gagne doucement. Et où sont passés nos sandwiches ?

À présent direction Gerbière via b212 et 213, déjà empruntées pour le bonus. Véronique va redescendre par la piste.
Nous ne comprenons plus du tout le pourquoi du comment de cet itinéraire. En revanche, quatre canyonistes perdus transformés en pivoines sauvages nous font de grands signes (comme ils peuvent) sans déclencher chez Sylvain aucun affect compassionnel.

Cette fois-ci la descente part sur la gauche sur un parcours à flanc assez raide et un poil exposé. Sous les feuilles : les cailloux.
Unique chance de regagner la Civilisation. Sous les cailloux : la plage.

Arrivé à Gerbière. Une dernière pseudo construction (très belle, louche) semble borner le territoire enchanté qu’il nous faut fuir.

Il faut passer à gauche de la maison. Pédaler, pédaler, ne pas regarder à droite, ne pas regarder à droite, ni à gauche.

Et là, toute la dimension sauvage prend son sens. Les pierres volent et les dérailleurs trembles. Végétation et blocs en tout genre sur les passages, mais l’ensemble reste roulant.
Arrivés au vallon du Billot, François se fait attendre, son dérailleur y sera passé !

Comme par hasard, c’est à l’occasion de la treizième prise de vue que s’est produit « l’incident ». C’est a minima une preuve matérielle : tout n’a pas été tout à fait normal.

François : finalement ce n’était que la patte du dérailleur qui a sauté, le reste je l’ai redressé légèrement. J’ai pu finir la descente grâce à 1 Rislan et sans bruit de chaîne inutile

Il n’y a plus que de la descente pour regagner Roquestéron en passant par la route. François est confiant et à l’embranchement pour la route à la b222, nous nous séparons pour suivre la trace prévue.
Mais la fin de l’itinéraire est sans intérêt : un portage rude sur presque 200 m D+ pour une descente très encombrée par la végétation et le sentier en partie emporté par les intempéries.
Nous rejoignons François et Véronique pour « Un rituel enfin retrouvé : apéro en terrasse de La Capeline (Pierrefeu) ! »
Une sortie sauvage en tout points, il y a encore des parties à explorer.

2 réflexions sur “Forêt du Cheyron depuis Roquesteron

  • 14 juin 2021 à 9 h 43 min
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    original et nouveau le CR par Antoine. Merci

  • François Dar2
    14 juin 2021 à 10 h 58 min
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    nous avons en effet rencontré 4 malheureux canyonistes qui cherchaient désespérement la clue de la chabrière. Belle sortie bien sauvage.

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