Transvésubienne 2018

Cette année, 3 membres ont pris le départ de cette édition plutôt boueuse, mais pas que.

Voici leur récit :

Rémi :

Cette annee​ je suis ​de retour sur la TV avec mon fidele stump29evo (avec lequel je l’avais faite en 2014 et 2015), apres 2 participations en enduro 27.5.
Le samedi j’arrive avec Jano a St Martin vers 11h. Grand beau. on drop la voiture a l’arrivee du prologue devant vesubia park, on se prepare et on fait la liaison tranquille vers la colmiane en velo par la route. Le temps se couvre en arrivant a la Colmiane et une heure avant la premiere vague de depart, grosse averse. Il pleut a sceaux pendant une heure. On se refugie comme on peut sous une verandas de café fermé, on grelote de froid et on est depités vu les conditions seches des heures precedentes​ qui presageaient d’un super prologue​. Quel gachis ! La pluie se calme juste avant les premiers departs a 14h => pas d’excuse il faut y aller. Le prologue est tres court. 7km. D’abord qq centaines de metres de montee tres ​raide a froid​ et glissante sur sentier en epingles, ​puis ​du plat ​en sous bois ​pour faire le tour de la colline, un morceau de descente tres grasse et boueuse pour repasser a la colmiane, puis le sentier du facteur, sec et propre (il n’a plu qu’a la colmiane) pour descendre a st Martin. Je met​s​ la gomme dans la premiere montee surtout pour me rechauffer et j’assure dans la suite descendante car je tremble encore de froid. Au final je me classe en milieu de tableau et Alex me devance de 5 petites secondes rageantes. Si j’aurais su​,​ j’aurais doublé les 2 gars qui m’ont bloqué a la toute fin … arghhh​ !​
Le soir, bivouac grand luxe dans le meme gite que l’annee precedente avec pasta party, sauces bolo et carbo maison a volonte, dessert maison … bref on se gave. Comme d’hab ambiance d’avant TV au top, melange de deconnade entre potes et de stress en attendant le lendemain au vue de la meteo incertaine. ​”​Il va pleuvoir l’aprem c’est certain​”​, ​”​il y a encore de la neige sur les 2 caires​”​, ​”si l’albanie gagne l’eurovision on va prendre la flotte toute la journee !”, “​si je mets mes shoes d’hiver elles seront pas assorties a mon sac​”​ … ca cogite​ !​
Dimanche matin, reveil 5h. J’ai vraiment pas envie car je sais que ca va etre en mode commando marine dans la boue et mon grade de colonel commence a s’emousser avec l’age ;-) Plus trop envie d’aller faire le zouave dans les descentes scabreuses rocaillo-boueuses. Je reve d’une TV au sec du debut a l’arrivee moi !
Je suis pas loin de bacher et de dire aux autres que je vais faire l’assistance, mais j’arrive ​finalement ​a me motiver a partir en me disant que j’abandonnerai a Utelle ou au pont de cros quand le pluie commencera.
7h, depart en queue de peloton avec Jean et Alex. Je vois Koby qq places devant. Je monte a l’economie jusqu’au pic de colmiane, de toutes facons j’ai pas l’intention d’aller au bout. partie en sous bois tres glissante comme attendu. je suis pas a l’aise sur la boue. poussage sur le bout de piste raide qui monte au travers des 2 caires. Je ne force pas, tout a l’economie alors que d’habitude je remonte en selle pour pedaler qq dixaines de​ ​metres quand c’est moins pentu. Travers des 2 caires tres encombr​é​ et parfois encore enneigé. beaucoup plus de poussage que les autres annees. C’est vraiment pas amusant. Arrivee a Andrion en un peu plus de 2h. Normalement j’y suis dans les 1h50. Rien d’anormal vu les conditions. Je m’arrete avant la descente d’Andrion que je redoute a raison. Un calvaire. je descends un pied declipsé sur une grosse partie​ des 3 sections de la descente​. Du coup j’arrive sur la liaison vers le Brec tout frais et je roule tres bien alors qu’il m’est arrive d’avoir deja des crampes aux adducteurs apres la descente d’Andrion qq annees en arriere. Portage du Brec, une formalite. Descente du Brec pas trop humide, ca passe plutot bien. Les parties difficiles je les connais et j’essaie meme pas de passer en velo. Les epingles passent tres bien en revanche. Une fois de plus j’oublie de profiter de la coupe de la mort et je vois des concurrents me passer tranquilles alors que je galere a dessiner de belles epingles au ralenti… arghhh que je suis con !
Castel gineste reposant comme d’habitude (seule section ou on souffle vraiment). Je m’arrete boire un bon coup avant la plongee sur Utelle. Alex me double. Je su​is​ surpris qu’il ne m’ai pas rattrappé avant… serais-je dans le coup ?… Descente d’Utelle sans histoire. Je fais bien gaffe a pas refaire OTB dans l’epingle que j’aime pas. Ca passe bien sur le velo a un rythme raisonnable. 2 ou 3 concurrents me doublent, je pourrais les suivre mais je prefere rester sur la reserve. A la marche on vire a gauche dré​’​dan​’​l​’​pentu comme en 2016. Ce coup-ci je me laisse pas impressionner par le public ​ni​ la pente et je passe en velo avec classe (si si !). Apres c’est le jardinage a la con made-in-edwards sous utelle dans des traces fraichement dessinne​e​s a la machettes dans l’herbe et la pente, juste pour t’epuiser avant le ravito dans le village. Avec l’experience on s’y fait et on rale meme plus… Au ravito je retrouve Alex et Koby. Je prend bien le temps de manger un saucisson et un fromage, plein du camel grenadine e​t​ c’est reparti. Je me sens super bien, aucune crampe, pas de pepin, pas de bobo pas de pluie, terrain sec et en plus on est en groupe. Grand luxe alors on continue ​la fleur au fusil ​et je commence a me dire que finalement je vais aller au bout.
Jusqu’au pont de cros je carbure super bien. Bonne session de pedalage energique autour du diamant, portage de la madone a tres bon rythme, puis descente au pont de cros sans histoire. Je reste tres prudent et laisse Alex et Koby partir dans la descente, ​ma​is je suis serein. Je prends le temps de m’arreter manger juste apres la grotte en prevision du portage de Levens. Ce sera payant. Je n’ai jamais ete autant en forme dans ce portage. Je rattrappe Alex juste avant la dechetterie et j’explose mon PR sur ce segment !
A partir de la dechetterie ca commence a se gater. La meteo tourne mal, Georges nous a reserve un mur de plusieurs metres en portage apres la route et le portage jusqu’a la conduite ​me fait mal​. Je m’att​e​ndais a virer tres vite apres la citerne vers le pre de Levens pour le ravito ​ma​i​s​ en fait ​Georges​ nous fait faire une bouckle supplementaire. On s’arrete avec des concurrents car on a un doute: ne serait-on pas entrain de faire la boucle supp des VAE ? c’est bizarre de tourner autour de Levens comme ca… Mais finalement c’est le bon trajet et on finit par atteindre le ravito. Y’a du vent et je comm​e​nce a me geler et a grelotter. Je desteste ca, mais maintenant on y est on y reste et on va jusqu’au bout. J’ai la chance d’etre avec Alex qui commence a etre bien HS comme moi. A deux on se motive et c’est vraiment genial de pouvoir finir comme ca. C’est reparti pour l’ascension du Cima. L’orage eclate sur la piste qui debute l’ascension. On se prend des sceaux d’eau sur la tronche pendant 45mn jusqu’au sommet. ensuite le sentier et le bout de descente infame sur Aspremont sont detrempes. Pas confort et pas agreable du tout. Bon reste plus que le chauve, la jungle et le paillon. Le chauve va passer comme une lettre a la poste (portage court et ​descente​ tres cassant​e​ mai​s​ bizarrement avec la boue sur le chauve, ca grippe bien).
Par con​tr​e la suite sera ma pire experience VTT​:​ La jungle apres l’orage, c’est indescriptible: On emprunte les especes de toboggans traces par edwards il y a 2 ans pour eviter la descente droite et trop facile de la conduite de gaz. Deja sur le sec c’e​ta​it infranchissable en velo mais alors la ce sont des murs de 2, 3 ou 4 metres en glaise. Seule solution: laisser glisser le velo en bas puis suivre sur le cul en s’accrochant aux lianes quand c’est possible. Et apres on refait la meme mais en montee. 2 ou 3 murs de plusieu​r​s metres de glaise verticaux ou il faut hisser le velo pui​s​ essayer de trouver des appuis pour se hisser soi-meme. un calvaire vraiment difficile a decrire, je n’avais jamais vecu ca.
Enfin st andre et comme je m’y attendais le paillon et le tunnel sont ferme​s​ a causee de la montee des eaux. donc fin du chrono a st andre sur la rive du paillon avec juste un marshall et personne d’autre. Pas top. Fin​ish​ en lia​i​s​o​n par la piste cyclable jusqu’a la prom pour recuper le sticker​ tant convoité​
Finish frustrant mais bilan tres positif pour moi cette annee. Avec des conditions vraiment difficiles je fais sans doute mon meilleur chrono (difficile de comparer les annees car les parcours​ et les conditions​ changent), une place dans la premiere moitie du classement, sans preparation specifique, pas de bobo ni pepin, pas de crampes donc passage en mode survie bien plus tard que d’habitude (a Levens alors que d’habitude c’etait plutot Utelle)​. Vraiment heureux de l’avoir bouclée cette edition un peu plus extreme encore que les autres !​

 

 

 

 

Fabienne :

Bravo les gars, on joue vraiment pas dans la même cour!!
De mon coté c’était chaud patate dès le départ. Alors OK c’est pas ma première TransV et OK les descentes ça a toujours été chaud pour moi, mais là depuis la Trans50 2017 j’ai du sortir une dizaine de fois le VTT en comptant les sorties du midi à la Valmasque et la confiance sur le vélo n’est vraiment pas là et elle n’est pas revenue sur les 3 XMBs que j’ai fait cette année. Donc dimanche matin il n’y a pas eu de miracle, dès que ça descendait je me faisais doubler de tous les cotés. Arrivée en bas du Brec d’Utelle, on ne prend pas la marche à droite mais on bascule à gauche sur Utelle dans un sentier raide tracé à l’arrache. Les gars devant moi sont à pieds mais j’ai encore plus peur à pied dans le pentu donc je monte sur le vélo en essayant de controler l’arrière et ça passe… Mais pas pour le gars derrière qui a voulu faire pareil et que j’ai entendu tomber lourdement. Je me retourne et je le vois par terre qui se tient le bras en gémissant. Je préviens le poste de secours qui est juste au dessus et je reste un peu le temps qu’il descende… Décidément en 2013 un gars se cassait la machoire juste devant moi, et là c’est le gars de derrière qui se fracasse. A ma connaissance y a pas de morts à la TransV mais il y a quand même des dégats… On remonte à la Madone, le début de la Madone je sais que c’est à pied. Le reste je n’y arrive pas non plus. Par contre en bas de la Madone je réalise que la porte horaire est jouable et tout d’un coup la confiance revient. Beaucoup de choses passent sur le vélo, je n’ai presque plus peur, il ne pleut toujours pas, je savoure ce genre de moment qui est si rare. Au moment de passer dans la grotte, Cyril le photographe est là, il m’encourage et du coup je ne pose pas pied à cet endroit là. D’après les indications sur ma plaque de cadre la porte horaire est au km 45, mais je passe les 45 kms, toujours pas de porte, on traverse plusieurs fois la route. Parmi les bénévoles je reconnais Marielle qui me dit de me dépêcher car ils vont bientôt fermer la porte. On arrive enfin à une route avec 2 gars juste devant moi et Edwards qui est là qui nous sort qu’on a dépassé la porte de qques minutes mais si on veut on continue mais qu’on passera jamais la porte à Aspremont. Super motivant, mais c’est pas grave, tant qu’on ne m’arrête pas je continue. On continue à descendre avant le portage classique vers Levens. On arrive aux moto cross de Levens, il commence à pleuvoir. Et là les panneaux nous font prendre une spéciale d’enduro à l’envers!! Un bout de portage immonde dans la pente bien raide, mais comment vous faites les gars avec vos cales?? Moi en five ten j’ai galéré déjà… Puis s’en suit une boucle sans intérêt (à part durcir la course) autour de Levens. Dans une descente facile, j’appuie sur le frein avant et le levier est tout dur et ça freine que dalle. J’essaye de contrôler avec l’arrière pour ralentir mais ça ne ralenti pas assez du coup je me couche dans un buisson pour m’arrêter. Bon ben si même dans une descente facile je peux pas rouler comme ça, le reste de la Trans c’est mort pour moi. J’arrive au ravito à pied pour annoncer mon abandon et fin de l’aventure pour moi. Sans trop de regrets finalement car j’ai quand même fait 8h d’effort, la pluie est très forte, il fait froid et mon objectif principal était de ne pas me blesser car mon vrai objectif c’est un triathlon dans les Pyrénées début juillet… Comme quoi même quand on vise juste une place de finisher, une transV ça doit rester un gros objectif en lui même, avec du matos adapté (l’enduro alu 27.5 est quand même lourd dans les portages – mais quand je me suis racheté un VTT en 2016 après ma dernière fracture je ne pensais pas refaire une TransV un jour, et puis les freins shimano Deore de base qui sont dessus sont peut être un poil fragile) et surtout un entrainement plus spécifique VTT. Mais en tout cas bien contente d’avoir pu me faire plaisir après la descente de la Madone. Je ne sais pas si je referai une TransV un jour car ça reste une course quand même dangereuse je trouve (en VTT il faut accepter le risque mais sur une transV il y a des portions un peu limites et puis la fatigue corse encore les choses). Bon après j’aime pas rester sur un “echec” donc on verra ;)

 

 

 

 

Kristof :

Cette année George s’est montré magnanime : départ à 7h00 au lieu de 6. Ciel gris, je retrouve Jano et Rémi. J’ai réussi à me convaincre que la pluie n’arrivera pas avant 13h, mais ça ne fait pas remonter celle qui est tombée la nuit d’avant. Après une attente presque longue pour se faire “badger”, le départ se fait d’un seul coup. J’ai 3.5 km pour doubler le plus possible avant le travers du col des 2 Caïres ou je me rappelle avoir été (un peu) ralenti l’année passée. En effet je ne suis pas du tout gêné par les bouchons, mais par la boue (dont la première couche vient de là) et maintenant par la pluie, quasi neige par instants.
Heureusement ça ne dure pas, mais il y a maintenant des névés au creux de chaque vallon. En se mettant dans le rail ça va pas si mal.

Puis vient la descente sous le col d’Andrion, déjà sec c’est pas très bien rangé, mais à l’état visqueux ça devient par moment vraiment très délicat. Aucune chute c’est l’essentiel.
Pour l’unique chute ça vient juste après, vraiment bête : j’ai voulu contourner un caillou par la gauche (côté vallée) et ça a glissé ; je m’en sort car au moment de tourner le guidon à gauche je me disais déjà que c’était vraiment pas malin et j’ai pu pratiquer l’éjection d’urgence assez tôt.

Le portage du Brec passe tout seul, les virages à caillasse moins. J’ai presque tenté la coupe terreuse, mais je me laisse convaincre par le suivant que c’est pas bien par là. Donc je choisis les caillasses, j’arrive au bas de la coupe et je me rappelle qu’on dit qu’il ne faut pas parler aux inconnus : elle a l’air très bien cette coupe vue d’en bas (quoique raide).
Secouage jusqu’à Utelle sur pierres sèches, raidillon de la mort à Utelle à pieds. Je me rattrape peu après sur un virage à droite passé la roue arrière en l’air tellement c’est raide (je rappelle que j’ai des pédales plates !).

On monte ensemble avec Rémi jusqu’à la Madone. L’affreuse descente n’est finalement pas si affreuse, et il ne pleut toujours pas à 11h30.
La suite file vite, la barrière de 13h15 au pont du Cros devient de moins en moins menaçante, contrairement au ciel (ah oui aussi je m’empale dans un compteur edf (plastique heureusement pour la fourche) juste avant de passer sous la route, le tout devant 10 personnes qui filment pour vidéo-gags…)

Quelques gouttes rafraîchissantes dans la montée vers Levens. Arrivé au circuit de trial, j’évite totalement involontairement le mini-portage spécialement aménagé pour l’occasion. D’autres “Georgettes” viendront largement compenser celle-là par la suite…
Encore un peu de montée, je sais qu’on échapera à la “descente du grillage”, et qu’en échange on a le droit à quelques coups de machette très corrects juste avant le ravito.
Juste après le Grand Pré c’est étrangement sec… je suis rassuré un peu plus tard : le déluge arrive au pied du Cima ; je vois un ruisseau à la place du GR.
La descente “Royal Calin” est immonde, heureusement elle est courte. Encore une petite Georgette avant le col d’Aspremont.

Le portage du Mont Chauve et sa longue descente me couvrent d’une couche de fine boue rouge. A ce moment j’ignore tout à fait ce qu’est “la jungle”, et aussi que la couche rouge n’est qu’un primaire d’accrochage pour le crépi marron qui suit.

Alors oui les 2 premiers toboggans d’1m dans la bouillasse c’est drôle, mais quand après les 2 roues sont bloquées par la terre et qu’il faut se jeter de 2 mètres de haut ça l’est moins. Heureusement je fais équipe avec un illustre inconnu : je saute, il me glisse les 2 vélos et il saute à son tour. Et puis encore plus fort : le mur de boue à monter. C’est Interville + le catch dans la boue de Fort Boyard mélangés, sans les vachettes tout de même.
Le combat dure 25 minutes et on atteint enfin le bitume, à l’état de loques.
Pas de tunnel du Paillon, fin de la course à St André ; il paraît que quelques dizaines de chanceux en tête ont pu faire nager leurs vélos.

Au moins arrivés à la plage on fait rire les touristes chinoises, la bière est bien fraîche et l’eau de mer donne envie de se baigner tout habillé.