Sex de Marinda

Nous avons profité d’un départ du chalet et de la télécabine gratuite, Pass Liberté oblige, pour dormir un peu. Au programme, deux sommets, plein de lacs d’altitude, notamment dans le cirque de Lona et la descente finale du Raid Verbier-Grimentz.

Après être rentrés péniblement à trois dans les cabines, nous voici au traditionnel restaurant d’altitude marquant la fin des remontées mécaniques ouvertes l’été. La piste, de déclivité d’abord modérée, devient rapidement asphyxiante avec quelques beaux murs et une pente toujours élevée.

Max, un main sur le guidon, une main sur l’Iphone, est d’une autre planète. Il sifflote et envoie plusieurs longs SMS tandis que nous, simples humains, peinons, parfois contraints au poussage. Les cimes sont dans la brume qui monte et descend par alternance, il fait plutôt frais, ce qui occasionne (comme d’habitude) quelques inquiétudes sur la suite de la randonnée : on y va, on verra bien ! Au pire, nous pourrons toujours redescendre.

Au Marais, nous prenons l’option pédalage (Max), poussage, portage (nous autres). Grosso-modo, nous évoluons à peu près à la même vitesse que les randonneurs de notre benne, enfin quand nous progressons, c’est à dire sans les pauses.

Le Col des Becs de Besson atteint, l’ambiance change, comme souvent dans le Valais, qui, chose contradictoire, concilie les meilleurs côtés des Deux Alpes (accessibilité) et de l’Ubaye (beauté et calme). Il y a justement trois magnifiques petits lacs juste en dessous et de vastes espaces plats, parfaits pour la bronzette, la sieste et une collation.

Manu veut faire le sommet, Princesse l’accompagne et moi aussi, même si la carte et l’aperçu d’en bas me laissent sceptique sur la faisabilité de la chose. Mes doutes accroissent quand nous rencontrons trois randonneurs sur le retour qui nous indiquent avoir renoncé au niveau d’une main-courante verticale installée avec une corde.

Finalement, même pas peur, mes comparses me laissent la primeur (pas de problème, je n’ai pas le vertige hein !) et puisque je ne suis pas mort, grimpent à leur tour. Euphorique (pourtant, je n’ai pas bu d’alcool, ni le matin, ni hier), je conserve la tête de la procession, saute de deux mètres de haut pour me réceptionner sur une corniche étroite au bord du vide avant de raison retrouver.

Je ne sens vraiment pas le départ, et surtout le retour, d’une cheminée en terre sèche taillée dans la falaise. Les appuis ne me paraissent pas sûrs, je risque de chuter 400 mètres plus bas : je reste là, les autres parviendront finalement sans moi en haut, non sans quelques autres passages olé olé.

La vue ayant beau être splendide, j’en ai marre de les attendre à 3.110 m et rejoins ceux restés au col en trottinant. Mince, c’est Manu qui a le jambon pour les sandwichs dans son sac : pourvu qu’il ne dévisse pas ! Les autres jours je m’en fous, c’est pas grave mais là, ce serait dramatique.

Après plusieurs dizaines de minutes d’attente insoutenables, sauvés, le sac de Manu redescend. Nous pouvons finir de manger (eh oui, nous avons entamé le pâté de volaille) et emprunter le sympathique travers qui dessert la Cabane des Becs de Bosson. Ici, nous sommes en Suisse, une Cabane c’est un immense refuge en dur, tout neuf, avec piscine, réfrigérateur, douche, Wifi et TV par satellite. Pas comme chez nous, quelques planches de bois moisies et un sol en terre parfumé aux excréments !

Tiens, en face, un 3.000 m qui se fait à vélo, le Tsavolire. On y va ? Comment cela, on a pas le temps, il y a la visite du Vieux Moulin à 17 h ? Vous faites ch…

La descente sur le Pas de Lona comporte malheureusement plusieurs portions non roulables, qui s’oublient rapidement tant le reste de la trace est ludique et joueuse, en bord de crête dominant le Plan Leori. Il y a même un mignon petit lac au milieu de nulle part, qui me fait un peu penser au plus beau de ma connaissance, celui de l’Etoile.

C’est propre, c’est joli, c’est facile, c’est rapide, une merveille de sentier alpin. Nous longeons le Lac de Lona avant de remonter au Basset de même nom.

Bonne surprise, j’imaginais un portage, c’est de la piste, certes raide mais praticable. Vais-je un jour réussir à décrypter les cartes Suisse ? Au Col, nous croisons un groupe de hollandais et leurs vélos cross-country, souvent sans amortisseur arrière. Nous laissons Marc tailler la discussion avec eux, pas besoin de comprendre la langue, il s’exprime avec les mains tandis que nous attaquons l’ascension du Sex de Marinda.

Rapidement, les vélos sont abandonnés au fur à mesure de la montée à des endroits divers et je me retrouve le seul avec mon engin au sommet : soit, je suis l’unique vrai montagnard, soit je suis complètement fou, il vaut mieux ne pas savoir. Cet aparté mis à part, la vue est somptueuse, j’ai le souffle coupé devant ces 380 ° (on fait un tour complet à 360 ° et un petit tour supplémentaire à 20 ° tellement c’est beau). Il est vrai que l’on domine complètement Grimentz, le cirque de Lona, que l’on aperçoit nettement les Becs de Bosson en face et que dire du Lac de Moiry et de son glacier ! Splendide !

J’entame la descente pas très serein, il y a un peu de vide quand même, mais finalement quasiment tout passera quasiment sur le vélo (plus de 90 %). J’ai bien fait, les autres ont eu tort, je vais m’endormir satisfait cette nuit. Les hollandais, toujours au cols, m’attendent avec la camisole …

Le reste n’est pas du grand VTT, si les hollandais aiment la piste, pas moi et nous essaieront de prendre un maximum de petits sentiers en plongeant sur le barrage puis en rentrant à Grimentz. Force est de constater que le raid Verbier-Grimentz, cela n’est pas la Transvésubienne, nous croisons même un tracto-pelle qui enlève les cailloux et élargit les monotraces, jusqu’à les transformer en piste de quad. J’ai failli le crucifier sur place, l’hérétique, mais je ne sais comment, j’ai résisté à la tentation.

Il faut quand même avouer que le pseudo-freeride pour rejoindre le Lac de Moiry et le bord de celui-ci sont plutôt sympathiques dans la catégorie carte postale, le reste, je l’ai déjà oublié. Il semblerait aussi que Renaud ait fait une grande roue dans la boue avec son VTT mais je n’étais encore une fois pas là pour le voir.

Demain (Mercredi), repos, enfin tennis et badminton. Jeudi, le Touno, un petit 3.000 si tout va bien.

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Participants : Caro (Princesse), Marc, Manu, Max, Renaud, Sylvain

Parcours : Bendolla – les Crêts – Col des Becs de Bosson – Becs de Bosson (sous les) – Col des Becs de Bosson – Cabane des Becs de Bosson – Pas de Lona – Lac de Lona – Basset de Lona – Sex de Marinda – Basset de Lona – les Giettes – Lac de Moiry – la Gougra – Grimentz
Trace GPX (à visualiser sur Vttrack, mode Editor, couche Swisstopo)

Statistiques : 29 km, + 1.300 m, – 1.810 m, 4h30 & 2h40 de pauses

Vidéo

Sex de Marinda from Shostag on Vimeo.

3 pensées sur “Sex de Marinda

  • 23 août 2012 à 20 h 51 min
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    Moi qui pensait voir Marinda à oualp …
    En tout cas, magnifique ! La couleur du lac est incroyable sur la première tof.

  • 27 août 2012 à 18 h 25 min
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    aaahh le Sex de Marinda, l’aboutissement du séjour estival 🙂

  • 13 septembre 2012 à 13 h 40 min
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    avec un titre pareil même pas une femme à poil!

Commentaires fermés.