Mont Giraud

Ce week-end, j’ai voulu revisiter la classique Vacherie de Millefonts – Bollinette avec quelques variantes de mon cru, le Mont Pépoiri et le Mont Giraud par les crêtes.

C’est forcément plus sympathique que l’infâme travers habituel. C’est ce que je croyais en tout cas …

Je récupère Laurent la veille à la Manda, nous cherchons en vain un coin de verdure dans les gorges de la Tinée et optons finalement pour un camping sauvage à la Bollinette même : Laurent sans matelas sur le bitume (lumière trop gênante) perpendiculairement à notre véhicule, moi dans mon camping-car préféré.

C’est la zone !! Le coin est particulièrement mal fréquenté, nous sommes réveillés par des soulards qui manquent d’écraser par deux fois Laurent qui ne doit sa survie qu’à des réflexes surhumains. Enfin, vraiment, quelle idée de reculer sans phares sur un parking !

5h30, le réveil sonne … Qu’est ce que je fais là ? Pourquoi je n’ai pas pris l’option navette ? Préparation et petit-déjeuner express et nous voilà partis avant le lever du jour pour l’ascension du Col de la Bonette des Millefonts et ses 27 km, + 1.700 m.

On s’échauffe tranquillement jusqu’à Marie. Sur la piste, Laurent est scotché, il n’avance plus : grosse défaillance qu’il attribue à un problème de digestion (je ne veux pas savoir ce qu’il a mangé). Je commence à m’inquiéter pour le timing, nous devons retrouver les autres en haut à 9h30 : bah, au pire, on pourra se faire prendre en stop …

SMS de Manu qui nous apprend que sans taxi il ne pourra pas venir : de 14 nous sommes désormais passés à 12. Max, le taxi, vient en effet tout juste de se coucher.

Col de Séréna. Au milieu de nulle part, un gars torse nu fait une série de pompes sur un grand tronc de bois. Je chantonne Eye of the Tiger pour rebooster Laurent (Rocky) Balboa : vas-y, monte au sommet de la montagne !

Saint-Dalmas de Valdeblore, le rythme est toujours ric rac, autour de + 500 m/h. Route forestière de Millefonts, mal aux fesses, Laurent a enfin digéré et recolle, on accélère un peu. Le temps s’étire et commence à passer lentement, Francis & Franco nous doublent en voiture, c’est encore long jusqu’au parking où nous arrivons enfin vers 9h15.

Tout le monde est ponctuel, même Charlotte qui ne s’est pas perdue. Mais surprise, Jean, le pote de Renaud, incertain ou que j’avais oublié de compter, est là : mon dieu, nous sommes 13 !! Et tout cela, parce que Max a trop bu de bières …

Hop, hop, hop, on y va ! Après une courte piste, on ne tarde pas à rentrer dans le vif du sujet, le portage, dré dans le pentu, en direction du Pépoiri. Gilbert, Francis et Philippe optent de leur coté pour un Col Ferrière direct.

Je suis en queue de peloton, Laurent avec les deux Pierre s’échappent et disparaissent de vue rapidement, c’est foutu pour la 1ère place au sommet. C’est dur, j’ai le souffle court, pas d’énergie : j’essaie de prendre un rythme régulier et de remonter progressivement mais c’est interminable. Je passe Isa, Gilles puis reste un moment avec Franco qui fait la conservation, Jean et Renaud qui décrocheront un à un avant le sommet.

Enfin, j’y suis ! J’en ai pourtant fait plein des portages cette année, bien plus longs ou rustiques, et c’est le pire. Rétrospectivement, je pense ne pas m’être assez alimenté car le rythme était quand même correct (53 min pour 470 m de D+).

J’envoie Laurent aider Charlotte, pas la force. Nous discutons un peu avec une sympathique randonneuse et profitons du panorama. Comment cela ? On ne voit ni la mer ni le Mercantour ? J’aurais menti !

Première descente vers les lacs, unanimement vantée par nos illustres prédécesseurs. C’est du beau T5 : gros rochers, pierriers, trial et pleins de lacets (trop) serrés avec des marches. Nous passerons sur le vélo de 85 % (riders confirmés) à 0 % (riders démotivés).

Recueil d’impressions au Col de Barn. Un peu de pas assez roulant, trop d’interruptions pour enchainer. Mais beaucoup de je n’aime pas les gros cailloux ; sympa la randonnée pédestre, le portage en descente ; ce n’est pas une randonnée cool: le rythme oui, pas le parcours. Bon, vous l’aurez compris, oubliez le vélo pour votre prochaine au Pépoiri.

Il s’agit désormais d’essayer de traverser les alpages plus ou moins de niveau vers le Col Ferrière. Nous restons à peu près groupés, ralentissons pour fendre un troupeau de deux mille têtes, déclenchant par la même l’ire du berger. Sous la Tête des Margès, c’est acrobatique et cela passe très difficilement (barres rocheuses). La prudence impose de faire demi-tour.

Je prends bien soin d’indiquer oralement et de vue à la moitié du groupe l’objectif, le col que nous devinons, caché entre deux contreforts et m’engage dans le contournement par le bas, à mon sens, équivalent ou plus efficace que le passage par le haut, et ses deux sommets à gravir.

Au col, je me retourne, personne en vue, si ce n’est en hauteur Francis, Gilbert et Philippe, déjà sur la crête. Je m’alimente et les rejoins pour casser la croûte. Toujours degun, non, un t-shirt noir (Renaud ?) qui fait finalement demi-tour. Je commence à m’inquiéter avant de recevoir un coup de fil de Pierre : on mange, on ne fait pas le sommet, rendez-vous à la vacherie.

Et bien, c’est parti pour le Mont Giraud, allons-y tous les quatre. Je dois avouer que mes souvenirs étaient particulièrement mauvais, cela ne roule pas du tout, peut-être 20 %. En plus, nous sommes en plein dans le brouillard et on ne voit pas plus loin qu’à quelques mètres : tu parles d’un panorama somptueux sur les lacs en contrebas et la côte !

Heureusement, le cheminement est évident et la sente bien tracée. Un peu de monta-cala, de portage et nous voici au sommet. Nous posons (fièrement ?) au sommet, elle est collector celle-là.

Freeride dans les alpages pierres et mottes de terres.

Le Pas de Rimplas est envahi par un nouvel immense troupeau. Tant pis pour le Clot de Malenuit, essayons la Pointe Blanche. Rapidement, cinq patous menaçants s’approchent, rappelés à l’ordre par le berger : je vois souvent des vélos à la vacherie mais ici c’est une première. Oui, la première fois et la dernière ! Le temps va tenir ? Oui, pluie à partir de 18h.

Il nous conseille de poursuivre sur cette crête, ce serait le meilleur chemin. C’est chaotique mais nous roulons relativement bien jusqu’au Rocher Rouge, parfois sur un ancien sentier. Après c’est portage obligatoire pour rejoindre le Vallon de Millefonts, avant de se laisser glisser à nouveau vers nos comparses, tout juste arrivés.

Verdict : idem Mont Pépoiri.

Enfin une vraie descente et quelle descente, belle et variée : terres rouges, longues lignes droites, sous-bois humide, lacets larges et serrés, quelques passages trialisants. Quel panard, pas de photos, tirage de bourre avec Gilbert, Laurent, Renaud, parfois à la limite de la faute. Regroupement tous les 200 m de D- environ.

Rimplas, les escaliers sont interdits aux vélos, dommage ! Plein d’eau à la fontaine et nous continuons sur le GR, plus propre et rapide. Pont en bois instable au dessus du Vallon de Bramafam, brève remontée et travers suspendu, magnifiquement ouvragé puis c’est le final dans les terres grises, dans la même excellente cuvée, tout juste gâché par un tuyau d’eau qui traverse à plusieurs reprises le sentier.

La Bollinette, presque 18h et la pluie qui fait son apparition à notre arrivée (il est bon le berger !). Un groupe de riders levensois attend le retour de leur navette. Il nous faut faire la nôtre.

Trop de portage, pas de vue, overdose de rochers, la brume, fourche bloquée, trop froid pour se baigner, mal au ventre, je suis tombé, Manu absent … : ce n’est pas moi, c’est la faute de Max ! Oui, oui, rappelez-vous, le faux plan mémorable, on se retrouve à 13 et là ensuite tout s’enchaine ;).

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Participants : Charlotte, Francis, Franco, Gilbert, Gilles, Isa, Jean, Pierre, Pierre*, Philippe, Laurent, Renaud, Sylvain

Parcours : la Bollinette (b. 156) – Marie (b. 74, 63) – Col de Séréna (b. 69, 70, 67, 66, 127) – Saint-Dalmas de Valdeblore (b. 126, 76, 79) – Parking des Millefonts (b. 80, 82) – Col d’En Veillos (b. 83) – Mont Pépoiri – Col du Barn (b. 77, 84) – Col Ferrière (b. 282) – Tête de la Tranche – Tête Rol – Mont Giraud – Vacherie de Rimplas (b. 160) – Rimplas (b. 159, 158, 166, 153) – la Bolinette (b. 154, 155, 132, 131, 72, 73, 156)

Trace GPX

Statistiques : 27 à 54 km, 900 à 2.900 m de D+, 2.600 à 2.900 m de D-, 8h à 11h50

2 pensées sur “Mont Giraud

  • 1 août 2011 à 22 h 28 min
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    Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais le pressentiment d’une journée de ce genre… Bon je viens avec mes topos à la Grave… Laurent, si je peux me permettre; un peu de repos ?? tu as mauvaise mine

  • 1 août 2011 à 22 h 32 min
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    Excellent ton CR Sylvain! Je suis mort de rire!
    Par contre je me sens pas vraiment responsable… et les gens vont se méfier de plus en plus de tes propositions alléchantes, cool, belles photos, sommets et sentes roulantes… 😉
    Pour ma part, heureusement que des crémaillères y en a pas souvent.
    Mais là on dirait que j’ai bien choisi: c’était la bonne rando à éviter! 😉

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