Grenoble – Guillestre avec les marmottes de VTT Net

Sur une suggestion de notre Vice-Président, me voilà embarqué pour 8 jours dans les alpages avec de sacrées marmottes.

Avant toute chose, il faut savoir que les marmottes rieuses sont familières des alpages Grenoblois aux fortes et longues pentes, qu’elles font du ski de rando 6 mois de l’année, qu’elles vélo-taffent et qu’elles roulent aussi en route. Bref, oui, le premier jour et demi a été très dur pour le maralpins du groupe – a faire passer la rando des Lignins pour une promenade du lundi.

“Heureusement”, certaines marmottes finissent quand même par se fatiguer un peu, le terrain devient sec et a force de gérer l’effort je tiens de mieux en mieux la cadence. Dans l’effort les paysages sont toujours a la rescousse !

Suit une version éditée du CR de BruP notre guide, vidéaste et principal organisateur de l’événement.

Photos : p* sauf 1, 2, 11

Vendredi 15 aout

La météo avait annoncé l’automne pour cette journée et elle ne s’est pas trompée: une pluie battante nous accueille à notre point de rendez-vous à Gre. A l’arrivée de Pierre venu en bus depuis Grasse où régnait un beau soleil, on prend la décision d’annuler l’étape. Ce n’est pas l’accalmie sournoise qui pointe son nez qui nous fera changer d’avis.

La montée à Chamrousse se fera en bus. Le chauffeur semble ne semble pas certain que 8 vélos rentrent dans sa soute, mais en démontant les roues cela ne pose pas de problème. 1h30 plus tard, on y est, on n’a même pas transpiré. Par contre, le temps est encore plus exécrable à Chamrousse et il ne fait pas chaud. On n’a même pas le courage de se mouiller pour trouver l’auberge de jeunesse qui sera notre premier gite, on se réfugie d’entrée de jeu dans un bar du Recoin. Ca commence bien !

Au bout d’1 bonne heure, une mini-accalmie nous permet de traverser la station sans nous tremper et le soir on se fait une pizza au Recoin. A part ça, le Recoin est vraiment calme au niveau monde. A part un groupe de motards on est les seuls.

Samedi 16 aout

Allez c’est parti ! On monte enfin sur nos spads. Après une courte montée bien raidasse

Raidasse : terme Patimalien signifiant montée avec une pente de plus de 15% voir 17% .

sur piste, on rejoint rapidement Roche Béranger, puis on traverse Bachad Bouloud méconnaissable avec la construction d’un village de vacances.

On descend sur l’Arcelle dont la tourbière, le granit et les myrtillers donnent une impression familière aux Vosgiens. L’Arcelle est complètement inondée par la pluie de la veille. Il nous arrive de rouler dans 10 cm de flotte. Après avoir contourné la tourbière, on parvient enfin au départ du sentier de la Salinière.

Après quelques mètres très ludiques, très sympa, place à un passage très exposé. La pluie de la veille à rendu le passage très glissant et personne ne s’y aventure. Ensuite, l’exposition devient plus faible, mais c’est toujours aussi raide et glissant. Seul Francky, s’aventure à tenter les 1ères difficultés sur le vélo.

Finalement, le pente se calme et le sentier devient plus abordable. Bizangoo et Tom de l’école Vosgienne sont à l’aise sur ce terrain familier. Francky est déjà devant. Le reste est encore en réglage. Faut s’habituer au port du sac à dos. Tom semble particulièrement apprécier ce sentier, Francky un peu moins qui le trouve pas assez “propre”. La descente se termine à la Salinière, à côté de Rioupéroux, dans vallée glauque de Livet-et-Gavet.

La traversée de la nationale a failli mal se passer, à cause d’un automobiliste forçant le passage pour nous empêcher de traverser. Et s’est parti pour le purgatoire: une montée sur piste raide

On peu dire raidasse surtout qu’elle nous a élevé de 1000m presque sans répis !

et mal dégagée, dans une ambiance moite, au milieu des mouches. Suit alors un difficile portage au milieu des herbes hautes, vernes pour atteindre enfin les chalets de la Barrière sur le plateau du Taillefer.

vue depuis le refuge au petit matin

Voilà enfin une ambiance digne de la montagne: ruisseaux, lacs, sommets enneigés par les intempéries de la veille, sentiers techniques dans les alpages. Le but de se calvaire était d’atteindre le pas de l’Envious dominant le lac Fourchu dont la descente côté Est valait bien une bavante.

Renaud et BK se baignent dans le lac (frisquet), tandis que le reste du groupe rejoignent directement le refuge du Taillefer située à 10 minutes du pas de l’Envious. La descente sur le refuge est sympa, alternant parties roulantes, marches et courtes remontées. Le refuge du Taillefer est “roots”. Les gardiens font la vaisselle et la cuisine à l’eau froide venant du ruisseau, chauffent l’eau au camping gaz. Il y a une douche… à l’eau froide. Ceci dit, le couple de gardiens semblent bien accepter la rusticité de leur refuge. Ce sont des jeunes, super sympas. Le soir le gardien nous raconte une anecdote a propos d’un routeux qui est monté en cales+casquette en portage jusqu’au refuge cherchant la route. On y mange des lasagnes végétariennes un peu fades, mais compte tenu des conditions on n’y tiendra pas compte.

Dimanche 17 aout

Le ptit déj est un peu léger, et le froid matinal (petit déj extérieur +4°C) ne nous encourage pas à trainer, alors on décide de manger un croissant dès la fin de la descente au Bourg d’Oisans.

On reprend alors la descente entamée la veille, petits S rendus un peu glissants par l’humidité. Ensuite la descente de la Malaine est très glissante. Cette fois c’est moi qui suis bien, j’ai de bonnes sensations. Bon tirage de bourre avec Francky. Derrière, on en est encore à la phase de réglage. Le terrain glissant ne le facilite pas. Arrivé à la Paute, au bas de la descente, on ne peut pas s’empêcher de remonter les dernières épingles de la fameuse màc, afin de s’amuser un peu. Elle est d’ailleurs bien en conditions.

Ensuite, pour rejoindre BdO, on emprunte un chemin sur lequel BK se tire la bourre avec un XCeux. A BdO, longue pause croissants/café/pâtisseries/rachat de pompes pour Patimal. Et on remonte sur le vélo, alors que le temps est en train de se couvrir. On fait alors, un long bout sur bitume: remontée des premières rampes bien raides de l’Alpe d’Huez, puis montée au hameau du Rosay par une belle route sinuant en foret. On picnique au Rosay, avant d’entamer une courte descente technique sur le pont de xxxx dans le vallon de Sarenne.

La descente est là encore bien glissante et bon nombre de difficultés ne passent pas. Après cette courte descente, on reprend les efforts pour remonter tout le vallon de Sarenne, jusqu’au col du même nom par la piste et la route. On fait une pause, au magnifique refuge du col, puis on enfile les protecs pour la dernière descente du jour sur le moulin de Besse.

Cette fois c’est sec. Le départ a beau être technique ça passe bien. Ensuite arrivé à mi pente, on suit un balisage VTT qui va nous emmener dans un beau sentier ludique. Pierre le sudiste qui n’avait pas l’habitude de l’humidité revit. On traverse Clavans-le-Bas et on reprend la descente jusqu’en bas.

Au moulin de Besse, les 150m de dénivelée annoncés se transforment en 300m. Je suis limite d’avoir une fringale sur la fin et je dois m’arrêter manger moins de 5 minutes avant l’arrivée au village.

Le gite de Besse est très confortable. On apprécie la douche chaude, la salle de bain et de manger à l’intérieur. Le soir on mange des crozets maison à la crème, bien lourds. La digestion sera difficile, malgré le genépi pris en discutant avec le vieux du coin qui nous raconte des banalités.

Lundi 18 aout

Et c’est avec un beau soleil que la journée débute. Ca tombe bien, on va sur le plateau d’Emparis.

On commence par une montée roulante, avant une montée raide sur le vélo pour atteindre le col du Souchet. On continue sur les vélos pour atteindre le lac Lérié et après un court portage, on rejoint le lac Noir.

La vue sur Madame la Meije vêtue de sa belle robe blanche est toujours aussi éclatante. Tom préférera le haut Fushia, mais pas pour les mêmes raisons 😉

On attaque la descente sur le Chazelet, le sentier est super ludique surtout sur le haut : tout en appuis dans les sentiers alpages. Cela met en confiance BK et Pat qui se mettent à rouler et qui seront difficiles à “pourrir” sur la suite. Au Chazelet après une remontée pas si courte, on enchaine sur la Grave après avoir croisé un randonneur refusant de s’écarter pour nous laisser passer.

On arrive au gite de Villar d’Arène vers 16h ce qui laisse le temps de faire de la lessive ou de la mécanique. Quelques soucis dans le changement de plaquettes pour Biz et Pierre. Le gite est très convivial.

mardi 19 aout

La journée commence par une montée au col du Lautaret. La plupart choisissent la route, mais Francky et moi préfèrent le single parallèle à la route. Pour monter au col du Galibier, là encore 2 groupes : Tom et Pierre prennent la route, tandis que le reste prennent l’ancienne route militaire qui part côté Guisanne en dessous du paravalanche. Dès les 1ers coups de pédale pour le Galibier, je sens que j’ai pas les jambes. En montant par la piste, on croise beaucoup de “touristes en VTT de loc” qui la redescendent… doucement 😉 Pat et moi nous amusons à appeler ça un “guenillodrome”.

Au Galibier on bascule côté Nord d’abord par un sentier qui coupe les virages de la route. Avant de plonger dans le vallon de xxx, Tom nous annonce qu’il a mal à la cheville et qu’il préfère écourter la journée. On casse la croute à cet endroit, avant de nous séparer. Tom remonte alors au col du Galibier et va direct au gite du Lauzet. Le reste du groupe faisons la descente sur le petite Charmette. Le départ n’est pas très intéressant: sentier trop raviné, piste jusqu’à une bergerie. Ensuite c’est du single sympa, mais la partie sympa est trop courte par rapport au dénivelée effectué.

A la petite Charmette, on reprend la route du Galibier direction Plan Lachat, avant de prendre la piste qui monte vers le camp militaire des Rochilles.

On ne montera pas aux Rochilles, mais on coupe pour rejoindre directement le lac des Cerces, avant de poursuivre la montée jusqu’au col de Ponsonnière. Je suis à la rue physiquement et je n’aurais pas bien récupéré pour la descente, car je ne parviens pas à suivre Francky et Patrick qui s’est réveillé. Le sentier est bien technique avec beaucoup de blocs, mais ce jour là je ne passe pas grand chose. En fin de descente, Francky qui surnage techniquement, se met une belle chute sur un rocher, là encore sans gravité et manque de peu la correctionnelle peu de temps après. Il est temps de terminer la descente doucement.

Le gite du Lauzet est sympa, on y a bien mangé. Par contre on oublie complètement de demander des sandwiches, car il n’y a pas moyen de faire des courses au Lauzet, ni sur le parcours.

Mercredi 20 aout

On décide de se passer de piquenique. Le petit déjeuner est copieux, on en profite bien. Après une raide montée sur l’Alpe du Lauzet, on emprunte le beau sentier à flanc du chemin du Roy.

Le début est vraiment sympa, la fin sur piste moins. La piste débouche dans la montée du col du Granon que l’on remonte. L’auberge du col est saturée de cycliste, alors on décide de poursuivre jusqu’à Briançon. La descente est très belle, c’est un véritable “arsouillodrome”.

La roue de Biz Malheureusement Biz se prend une méchante souche, plie sa roue et se fait mal aux cotes. Biz est contraint d’écourter la journée pour trouver un bouclard à Briançon.

Pendant ce temps, le reste du groupe descend à Briançon via la croix de Toulouse. Arrivé à Briançon, c’est un peu le bordel, la ville est bien que modeste est étendue en dénivelée: les commerces, donc les bouclards sont tout en bas, faut arriver à retrouver Biz. On descend alors par une màc-escalier via le jardin de ville de Briançon.

Finalement, on arrive tous à se retrouver autour d’un verre dans la ville Haute (Biz a pris le bus) et après quelques courses alimentaires on prend la route pour la Vachette. Biz arrive un peu plus tard avec une roue bas-de-gamme flambant neuve, car le bouclard n’avait pas de jantes seules.

Au gite, le gars est un vététiste, il nous indique un sentier qu’on a raté juste à la fin et quelques bons plans pour la suite.

Jeudi 21 aout

La journée de la veille a amplifié la blessure de Tom et celui décide d’abandonner. C’est un peu l’hécatombe ce jour, car Pierre est malade et préfère rejoindre Souliers directement par la route du col de l’Izoard.

Donc journee de recup pour moi, soit +1550m ; 40km route.

Biz a mal aux cotes, suite à sa chute de la veille, mais il continue. On part donc en groupe réduit à 6.

On commence par une montée sur les forts de Briançon. On finit par rejoindre le haut d’une descente indiquée par le gars du gite. Elle rallonge un peu par rapport à celle prévue initialement, mais elle est énooOOOOoorme, un vrai pif-paf d’épingles faciles. Que du bonheur ! Cela débouche à Cervières, où l’on remonte une très belle vallée verdoyante où l’on s’arrête pour manger. Au moment de repartir, on est rejoint par un groupe de XCeux et c’est en plein digestion que l’on va se tirer la bourre avec eux. Au bout de la vallée, au font de Cervières, la foule au refuge ne nous incite pas à nous arrêter. Les XCeux descendent… par la route et nous on met les vélos sur le dos et c’est parti pour 600m de portage. Heureusement, le portage est entrecoupé par 2 portions roulantes permettant de reposer les épaules. Cela permet d’arriver au col des Péas.

La descente est toujours aussi bonne. D’abord une traversée en balcon très ludique avec une màc un peu élargie par le passage, mais qui reste sympa.

Arrivé au gite de Souliers, il a été revendu depuis la dernière fois. La nouvelle patronne, beaucoup moins sympa que l’ancien tenancier, nous reproche de ne pas l’avoir prévenu des abandons de Fab et Tom.

Vendredi 22 aout

Cette fois Pierre, remis de la veille, repart avec nous. Après un bout de piste, on arrive à Arvieux, pour y faire les courses. On remonte par la route à Brunissard, puis par la piste aux magnifiques chalets de Clapeto. Il fait grand beau et super chaud. D’un seul coup, le temps commence à se couvrir, et se refroidit subitement à cause d’un fort vent. La montée au col Néal se fait à 80% sur le vélo. Francky est impressionnant, il passe quasi toute la montée sur le vélo ! Au col, ça pèle. Le temps s’est couvert et ça souffle. Alors on descend sans tarder au Cougnet où on déjeune. Remontée au clot du Villaron, puis on enchaine sur un single dans le but de monter au lac du Lauzet, puis au col de la Moutière d’où part un single indiqué par le gars du gite de la Vachette.

Le temps est de plus en plus menaçant. On prend la décision de faire demi tour: on remonte le single que l’on vient de descendre jusqu’au clot du Villaron et on prend une màc permettant de rejoindre la vallée au plus vite. Les avis sur la màc de Pra Reboul divergent: perso je l’ai trouvée trop monotone (manque de virages entre les épingles pour la rendre ludique) et pas assez technique (épingles trop larges). Il semblerait que je sois le seul à penser ça, car les autres ont adoré.

Arrivé dans la vallée, 5kms de nationale à forte circulation sous une pluie battante, pour rejoindre Mont Dauphin. le pied ! 🙁 Avant de prendre le train, on se fait une belle descente courte façon bike-parc entre la place forte de mont dauphin et la gare, alors que le soleil est revenu.

Pour ceux qui aiment les stats :

  • Participants : 8
  • Jours Roules : 7
  • D+ : ~11500m
  • Distance : ~245km
  • Dommages : une roue, un pneu, une ch.a.air (de 3 spads).
  • Meteo : J0 sous l’eau, sinon une averse.
  • Ambiance : Beau Fixe
  • Paysages : Magnifiques

La vidéo de Brup:


Gre – Guillestre 2008 en VTT from Bruno Pion on Vimeo.