Un samedi au chemin de l’Energie

Chemin de l'Energie

Un sentier bien roulant et quasi plat à près de 2400m d’altitude et sur plusieurs kilomètres…! C’est unique, c’est le chemin de l’Energie.

Voici le CR de Serge Hartmann, grand gourou des frappés :

Hier matin 7h30, nous nous retrouvons à 5 dans la contre-allée de nice-matin. A mon arrivée il y a déjà un certain frederic de l’as cagnes qui attend sagement dans un monospace. Arrivent ensuite un ami de frédéric “ptitou” fellin, puis le grand david, puis fabien duclos.

Sur le coup des 9h/9h30, nous sommes déjà en selle sur une piste large qui grimpe pépère pendant un bon moment, ça va c’est facile, il suffit de mouliner… Sauf pour le frédéric qui a décidément beaucoup de mal à emmener son imposant FSR enduro, il en chie le pauvre. je me dis “boah elle est facile cette rando, on est sûrement déjà en haut”. Ah bah non… En bas d’une trace hyper-raide dans la caillasse, david déclare : “on va tout la haut la haut”. Nous levons le tête – au sommet du rocher on aperçoit les minuscules silhouettes de randonneurs qui se détachent sur le ciel clair. Vache ! Ca s’escalade ça !? naaaaan…

Bin si : après une heure trente de portage très physique (succession interminable de grosses marches dans les caillasses) nous arrivons au milieu d’un paysage lunaire et désolé, de gros blocs de roches noires et métalliques qui scintillent comme des paillettes et font un bruit de creux quand on marche dessus. J’ai mal partout : au dos à cause du portage de vélo, à l’arrière des genoux à cause du poids à porter en grimpant. Heureusement les douleurs passent pendant que j’attend le reste de la troupe. Frédéric est lessivé, il faut dire que son vélo devait être le plus lourd de tous, et porter pendant tout ce temps un tel vélo, ça aurait pu nous achever.

C’est la fin du calvaire et le début du chemin de l’énergie : un sentier très propre, étroit, et bordé d’une falaise impressionnante (surtout ne pas regarder le vide en roulant, non, surtout pas – se concentrer sur sa trace). Le panorama est magnifique, nous sommes tous muets et contemplatifs lors des pauses. Nous passons quelques tunnels bien frais et rejoignons une sorte de prairie dans laquelle se prélassent quelques chevaux à l’allure sauvage. Il y a des névés par là, il fait bien frais. C’est là que nous cassons une petite croute, mitigés entre le gore-tex quand les nuages nous enveloppent, et le marcel quand ceux-ci laissent la place au soleil.

Au bout du chemin de l’énergie il y a un refuge et un lac (ndr : Le Rabuons). C’est juste avant que nous empruntons le sentier qui nous redescendra directement à saint-etienne de tinée. Ah ce sentier, les gars ! J’en connais qui seraient comme des fous là-dedans. D’ailleurs nous l’étions. 🙂 Il commence par une trace de terre et de caillasses, parfois difficilement franchissables mais globalement ludiques. Les lacets sont pile-poil comme il faut : limite, mais ça passe en finesse.

Puis arrive le meilleur de ce sentier : un passage en sous-bois d’épineux, plus terreux, plus lisse, avec plus d’épingles à dérapages, les marches de pierres sont moins hautes, on peut les sauter facilement et atterrir sur de la terre sèche. Les virages s’enchaînent, on prend de la vitesse, on freine bourrin, on relance… que du bonheur.

Le pote à ptitou a mal aux avant-bras : il se plaint du manque de mordant de ses v-brake, et déplore son manque de technique (qu’il aimerait visiblement développer). frédéric, lui, semble aller mieux, il n’est jamais loin derrière dorénavant. avec un tel débattement ça doit passer comme sur un billard.

Après ce passage en sous-bois, retour à la technique. je prends la tête du peloton et y vais franchement, sans m’arrêter. les marches sont hautes et parfois très difficiles à enrouler, c’est limite OTB, même le cul sur le pneu. Ca s’enchaîne, les jambes font mal à force d’amortir en permanence, et il faut rester concentré en permanence sur les successions d’obstacles.

On arrive sur saint-étienne, il était temps, je commençais à avoir des sortes de crampes douloureuses dans les jambes. On s’accorde une pause bière-frites-mayo au snack de st-etienne. grave erreur (en tout cas pour moi).

fab, david et moi sommes bien motivés pour prendre le télécabine qui monte à auron/la pinatèle. Les deux autres abandonnent, trop fatigués. C’est un TC aussi cher (5.6 euros la montée) que poussif (même pas de débrayage) qui nous monte… et nous redescend (!) jusqu’à l’arrivée (très bizarre ce truc).

La descente commence vraiment bien, le sentier est tantôt technique tantôt roulant, juste ce qu’il faut. Toujours de la terre bien sèche avec des marches de pierre et des épingles. Puis ça devient franchement raide, avec des marches trop hautes dans les épingles, ça en devient vite crevant, je manque plusieurs fois de me faire très mal. si j’avais eu mon ancillotank j’aurais sûrement apprécié, mais là c’était trop, j’étais pressé que ça se termine. L’arrivée est pentue et déboule sur la route, directement sans trottoir ni visibilité. oups.

Pour moi le retour en voiture a été très difficile : sueurs froides et abondantes, teint livide, nausées, tête qui tourne… si bien qu’à nice j’ai laissé mes frites au pied d’un poteau. sans commentaire. 🙁 Pour info le snack que je tiens pour coupable s’appelle “le chalet” à st-etienne, un conseil, n’y mangez rien.

Mais pour la rando, woaaaah, que de superbes souvenirs. on dit “merci david”. 😉