Snowbike en "prime-time" à Roubion

Interview Susie par France 2 Snowbike un peu spéciale avec télésiège, le dimanche 20 février, proposée par Pistoll et Roubion les Buisses, avec Susie, Robin, Gato, Gilou, Patrick, Rémy, Serge, BigB, Pierre et quelques Marseillais.
Après le premier test snowbike Roubionnais du 5/6 février dernier et son compte-rendu qui va bien, le désir était créé, ne restait plus qu’une bonne occasion pour pouvoir l’assouvir. Mais quand non seulement la station vous offre le forfait gratuit, et qu’en plus, vous êtes filmés et interwievés pour une diffusion en prime time, difficile de résister !

Prologue

Pistoll, responsable de la station de Roubion les Buisses (et accessoirement membre de l’AS Cagnes VTT), lance un premier appel sur les listes Frappazuréennes et ASCagnoises car France 2 s’est proposé d’y réaliser un reportage, suite à un article paru sur Nice-Matin qui traitait de la diversification nécessaire des petites stations de l’arrière pays. Pemière tentative annulée. Car faire monter une dizaine de vététistes un lundi, après une annonce la veille au samedi soir, c’était perdu d’avance. Le deuxième coup sera le bon. Le mot est passé et ce sera dimanche 20 février, dernier jour de vacances scolaires de notre zone.

La dernière fois que nous étions à Roubion, c’était l’été, et l’on profitait des premiers circuits de descente amménagés par la station autour de son unique télésiège. Petite station, proche du littoral Niçois, mais grand dynamisme et bonnes idées. Alors que nous attaquons la petite route étroite et sinueuse qui mène au village perché, puis au col de la Couillole, les premiers flocons nous accueillent de bon matin. Premiers depuis les dernières chutes du mois de décembre tout de même, ce qui est un comble pour une station de ski, en ce dernier jour de vacances d’hiver, alors qu’elle essaie difficilement depuis, d’entretenir et de préserver son maigre stock. Trop maigre pour maintenir une ouverture complète du domaine en tous les cas. Alors comment rentabiliser les hommes, femmes et équipements alors que quelques rares dizaines de skieurs viennent encore prendre un forfait ? En tentant tout simplement d’attirer d’autres formes de pratiques qui s’accomodent parfaitement de ce mélange neige/terre/cailloux, soit en un mot : les VTT ma bonne dame !

Roubion expliqué aux FrançaisMais promouvoir une telle pratique ne se décrète pas non plus. Pour beaucoup de vététistes, même endurçis, la neige est souvent synonyme de galère ou bien de mauvaise appréciation météorologique du chef de rando (qui se fait généralement lapider au retour), bref : on évite. Et puis voir la tête des quelques skieurs devant un groupe de bikers en intégral et protecs’ rembourrées, en dit plus qu’un long discours : c’est très inhabituel, et donc le seul fait d’huluberlus frappés d’un autre monde. Et ça n’est pas une mégavalanche de l’Alpes d’Huez par ci, ou une snow-bike (annulée) par là, qui changera les mentalités en trois coups de cuiller à pot ! Non. Pour pénétrer l’inconscient collectif de nos jours, il faut passer par les médias qui s’invitent à la table du Français moyen, et conditionnent leurs cerveaux pour y placer l’espace de quelques réclames payé à prix d’or. J’ai dit : la téloche et son 20 heures !

Premiers tests, premières gauffres

Arrivés tranquilles à la station vers 10h, on discute le coup avec Pistoll, et on monte nos vélos dans une ambiance un peu surréaliste : Imaginez une petite station de ski dans son écrin blanc, avec son télésiège et ses tire-fesses qui tournent, un dimanche de vacances. Les pistes sont vides, peu de voitures, pas de queue, mais une bande de pékins dans des tenues très disparates, mélange de cycliste, de motocross et de skieur, avec un casque intégral, est en train de monter des roues à gros boudins sur des vélos. A dire vrai on ne fait pas trop les fiers. L’expérience est nouvelle pour certains, et on se sentirait quand même plus sereins avec un franc soleil, et… un surf ou des skis aux pieds !

D’ailleurs, et pour être francs, la première descente nous laisse un peu froids. Guidés par deux pisteurs de la station reconvertis au snowbike (l’un d’entre eux à cause d’un accident de ski en début de saison), nous parcourons avec Susie et Patrick une des pistes rouges VTT en sous-bois. Les sensations sont plus qu’étranges et inconnues. Les passages en dévers et autres ornières un peu gelées achèvent de nous ôter le peu de contrôle qui nous restait encore de nos montures. En un mot : on est crispés. Susie se prend trois ou quatre boites, alors qu’elle souffre encore de sa hanche, résultat d’une réception de saut sur le guidon une semaine plus tôt à Sospel. Quant à moi je cherche tout simplement à comprendre le mode d’emploi.

Une deuxième descente sur la grande piste bleue cette fois-ci se passe un peu mieux, même si la prise de vitesse est encore contenue tellement la roue avant semble vivre sa vie tandis que le freinage reste quasiment sans effet. J’ai installé des pédales « flat » sur le bike de Susie, mais je suis toujours en « auto », pas la bonne option assurément.

Le déclic

En bas de piste, elle est au bord du « ras-le-bol pour aujourd’hui ». Mais comme elle a horreur de l’échec, et que c’est pas encore l’heure du déjeuner, c’est reparti pour un troisième « snowbike test » ! A la réception du télébike, Pistoll fait le radio-potins et transmet les infos et ancdotes des groupes qui vont et viennent chacun à leur rythme, car une quinzaine de vététistes monopolisent actuellement les banquettes doubles du TS. « Alors y parait que ça roule plutôt bien en sous-bois sur le circuit de Tournerie, allez-y donc faire un tour ! ».

Ok. Patrick ouvre le chemin sur la piste 4×4 qu’il faut remonter un petit moment avant de rejoindre le fameux sous-bois, régal estival du freerider. Eh bien, sa version hivernale n’est pas mal non plus. La neige y est moins épaisse, moins croutée, et, mélangée aux épines de mélèze, elle forme par endroit une moquette feutrée très appréciée de nos crampons. Les passages de restanques dans la poudreuse sont même facilitées par endroit et on retrouve à nouveau des sensations, mélanges de glisse très variés, et sans risques.

Sans risques ? Patrick part devant sur ce morceau de piste de liaison entre deux sentiers. Ca descend fort mais ça accroche plutôt bien. Le nez sur mes quatre ou cinq mètres de trajectoires à venir, j’aperçois le Patrick 50 m plus loin, debout en train de me faire de grands signes. Moi, je me dis : « Ah, j’ai compris, il veut que je lâche les freins sur cette belle descente… », mais alors que j’accélère, il continue à s’agiter frénétiquement. Bon, cette fois je pile tout, enfin, avec doigté quand même. Une fois à l’arrêt, je constate l’objet de son excitation : suite à plusieurs redoux passés, un ruisseau à débordé sur la piste, puis s’est transfomé en une belle patinoire de 15 mètres, juste masquée par la petite couche de poudreuse matinale ! Patrick, arrivé un peu vite, l’a passée intégralement sur le dos, et à côté de son vélo. Sur le côté aval, quelques arbres morts tendent leur branches acérées vers les malheureux qui auraient la très mauvaise idée de basculer au dehors de la piste ! Susie passe doucement à pieds, et se retrouve à genoux (merci les protecs’) puis progressivement à plat ventre accrochée à son vélo. Franche rigolade. On repart dans notre régal de sous-bois avant de rejoindre la piste billard, avec la banane cette fois. Je sens qu’on commence à comprendre le truc…

Le PAR : « Paysage Audiovisuel Roubionnais »

Robin séquence "passion"Le couscous dévoré dans le tout nouveau Chalet des Buisses est un vrai bonheur. On y retrouve d’ailleurs un autre groupe de Frappazuréens arrivés tardivement. Il faut dire qu’ils sortaient déjà d’une journée freeride à Finale Ligure la veille (vous avez dit « passionnés » ?) ! On repart doucement avec le long cérémonial de l’équipement vestimentaire et protecteur du vététiste sur neige… qui ne tombe plus. Et deux nouveaux clients se présentent à l’embarquement, bardés de caméras et micros à poil long.

Une fois en haut du TS des Buisses, c’est l’effervescence. Tous les bikers se retrouvent agglutinés autour du héro du jour, alias Robin, en train de se faire scotcher une mini DV sur le casque par le caméraman de France 2. Enfin, c’est pas exactement Robin, dont il émanerait d’un seul coup un magnétisme torride, mais plutôt la caméra et le micro, objets de culte par excellence, et pourtant rarement avoués, de tout individu téléphage qui se respecte. Apparemment, la petite équipe semble dynamique et désireuse d’obtenir un max de plans originaux, alors ne boudons pas notre plaisir pour jouer les figurants improvisés, en se faisant passer pour des pros du VTT sur neige !

On se prépare donc pour un départ typé SnowBike avec la caméra alternativement au ras du sol puis portée en dynamique sur la chenillette Bombardier de Pistoll. On est comme des gamins, et du coup, on se lâche encore plus qu’au naturel. Tandis que Robin repart comme un grand, accompagné par Gato, se faire une descente en caméra embarquée sur la fourche double-té, dans un angle contre plongé qui ne démériterait pas dans les bonnes vidéos de freeride, on continue à faire les zozos devant l’objectif, à coup de dérapages, contre braquages et gadins plus ou moins bien maitrisés.

Et comment faire tenir tout ça en 117 secondes

Susie dans le posteSusie, seule fille du groupe, n’y coupe pas. Elle aura droit à l’interview en règle sur ses impressions du jour. Pour montrer à la France entière qu’une mère de famille de 43 ans (j’ai pas dis « ménagère de moins de 50 ans », je pense qu’elle m’en voudrait 😉 est à même de pratiquer et de s’éclater avec cette étrange activité. Notre crosseux du jour, le marseillais Fabien Chevalier sera l’autre témoin du reportage. C’est d’ailleurs lui qui m’a le plus impressionné avec ses pneux typés cross (étroits et lisses), et une vraie maitrise du pilotage tout en glisse. On termine la journée devant la station avec quelques jolis sauts de restanques, encore quelques dernières images de groupe et une interview de Robin finalement coupée au montage, tandis que le soleil apparait à nouveau pour se recoucher aussitôt.

« Le 20 heures du lundi, ou bien dans la semaine… ». Après deux jours d’attente, la VHS recyclée dans le magnéto, à bouffer sagement du Pujadas pendant les quarante sacro-saintes minutes du soir, tout en essuyant les commentaires sarcastiques sur le net après la météo, ce sera finalement le mercredi 23 février. Et compte tenu des coupes sauvages généralement opérées dans ce type de reportage, entre les news nationales et le foot, tous les acteurs s’en tirent plutôt bien. Une minute cinquante sept secondes où le pékin moyen devrait à priori comprendre de quoi il s’agit. Et c’était quand même le but. Et on sourira avec indulgence sur les commentaires du genre : « …des coups de frein plus ou moins huilés » (ça c’était mes plaquettes qui glaçaient !) ou encore : « …et les deux communautés (skieurs/VTT) se rejoignent, pour un plaisir… oecuménique »

On s’est tous éclatés, Pistoll aussi semble-t-il, et la commune de Roubion obtient là un joli coup de pub. De bonne augure pour les projets futurs de la station. Tandis qu’une nouvelle exception vient confirmer la règle : « On voit vraiment pas beaucoup de VTT à la télé ».

Epilogue

Le VTT, sur neige comme sur terre, c’est télégénique, la preuve.

"...pour un plaisir oecuménique!Et comme pour tous les sports de glisse, c’est une affaire de technique et d’adaptation du matériel. La technique, c’est une nouvelle forme de pilotage, très vite assimilable pour qui possède un minimum de pratique en VTT. Après ça, on doit d’ailleurs se sentir bien plus à l’aise sur les terrains glissants. On maitrise beaucoup mieux les principes du dosage des freins et du contre-braquage, les deux mamelles du pilotage sur neige avec le dynamisme du corps, qui participe aussi beaucoup au bon positionnement du vélo et à l’accroche générale. Le matériel, rien d’extraordinaire. Certes, les gros vélos de descente sont plutôt bien pourvus, mais la clé se trouve plutôt du côté des pneumatiques qu’il faudra adapter à la qualité de neige (pneux boue, bien cramponnés, et peu usés de préférence), et évidemment dans l’usage impératif des freins à disques, les seuls à rester fiables avec la neige et la glace, et des pédales « flat » de rigueur. Le tout-suspendu est aussi favorisé avec sa capacité à mieux garder les roues collées au sol. A proscrire : les pistes glacées ou la pente vraiment trop forte (sauf pour le KL mais c’est une autre histoire), la neige transformée et durcie où la moindre ornière est un piège qui ne se négocie pas, la neige trop molle et profonde, les arbres trop nombreux dans la pente et souvent attirés par les épaules exposées…

Malgré ces petits inconvénients, pour la plupart gérables par les stations de ski, on finit très vite par comprendre que, en gros : « c’est plutôt simple ! ». Je ne serais donc pas étonné que les stations s’ouvrent de plus en plus à cette idée, même si ça restera relativement confidentiel comparé aux usagers « traditionnels ».

5 pensées sur “Snowbike en "prime-time" à Roubion

  • 28 février 2005 à 20 h 19 min
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    Et c’est notre Pierrot qui remporte la palme du plus gros c-r du mois et de la plus bidonnante video 😉
    Excellent, je comprends le temps qu’il t’a fallu 😛

  • 28 février 2005 à 21 h 05 min
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    du grand art, vraiment 🙂

  • 1 mars 2005 à 10 h 21 min
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    Magnifico !
    Un vrai regal a lire….

  • 2 mars 2005 à 8 h 03 min
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    Faire un super site web … c’est déjà bien… mais en plus avec un CR au top, des photos toujours super … et des vidéos en plus … vraiment, les attentes des WE de ride sont de plus en plus faciles avec ce que tu nous proposes !
    On y est presque en te lisant !
    A bientôt !

  • 4 mars 2005 à 0 h 35 min
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    Bravo Patrick tu avais raison c’est du vrai
    VU A LA TELE comme on aime.
    Votre site est trés bien, un petit coup d’air frais pour tous.
    A Lundi! ( Vu au boulot, bien sur )

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