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Il y a des saisons où les figues, les fraises où les mimosas sont en avance. Cette année c’est les transvésubiens qui bourgeonnent en plein hiver. Y’a plus de saison ma brave dame! Merci de nous faire rêver les gars!


Salut ,

Retour sur notre sortie dans l’arrière pays mentonnais que je qualifierais presque d’extrême.

SAD, sortie à la dure: je confirme !

ca commence 2 jours avant, des pâtes, encore des pâtes et puis des nouilles .. et t’oublies la p’tite Chouffe du vendredi soir, couché 22h00 parce que demain, c’est 05h00 du mat’ le réveil, avant mon chat, qui miaule, et du coup ma femme, qui gueule ! Gatosport, tous les atouts de mon coté je vous dis, et direction Renault, un peu fébrile, dans la nuit profonde.

06h17, blaguounette de Sylvain pour me mettre à l’aise « tu vas à Aquadolce ? » ah, ah, allez on embarque

07h15. De Monti nous montâmes en palabrant à un rythme de traileur de l’extrême, du genre qui se réserve pour les réjouissances à venir, quand Jano, Christophe et Rémi adoptèrent un tempo plus « rythmé » en fait on reverra Jano 2h00 plus tard sur la cime du Baudon ! Portage velu annoncé et bien là, tout le monde à l’air en forme, allez faut pas s’appesantir sur l’extraordinaire panorama à 360° et à couper le souffle, on attaque la descente … par un OTB discret 100m après pour moi ! de toute façon ca passe pas par endroit, Sylvain promet de recalibrer ça sur VTT machin car plus hard que prévu. Allez, au mont Ours maintenant.

Beau single alternant pédalage et poussage jusqu’à la route, et de là, longue, longue route puis piste cimentée sous un soleil qui a une tendance à chauffer beaucoup pour mi mars. L’organisme commence à montrer un manque manifeste de coopération, heureusement l’Ours pointe son antenne.

Avec tout ça, c’est qu’il est midi, faut se poser et sortir le sandwich cul dans l’herbe. Non, non, non,SAD, c’est cul sur les parpaings, barres et fruits secs, contrôle du liquide de refroidissement et 13 minutes plus tard t’es sur ton VTT. Seul Christophe, sûr de sa force, osera contrevenir et sortir un sandwich. Le panorama est toujours le même, à couper le souffle (comme dans la montée).

Belle et longue descente avec passage au ravitaillement liquide puis direction le mont Razet. On est dans les 1800+, Sylvain annonce « long portage », une petite voix me dit que c’est maintenant que les sirènes de la vallée vont chanter …

Rémi et Christophe disparaissent, Jano décide de méditer sur le chemin du Razet, en haut des randonneurs contemplatifs rigolent en voyant ma trogne usée et re rigolent quand Sylvain annonce la redescente après 1 minute 30 de pause panoramique à couper le …oui y a répétition là

On refait du portage .. négatif au grand bonheur de Christophe et on récupère Jano: les sirènes ne nous ont pas happés, désormais c’est le fameux « mental », si déterminant dans toute notion d’endurance qui va décider de notre sort.

Et il va en prendre un sacré coup le mental, lorsqu’après une bien belle descente nous attaquâmes le tant espéré Gramondo, fort de l’espoir de le vaincre malgré une décomposition croissante, surgit un VTTiste souriant, frais, pédalant en montée dans les racines « ca va Sylvain ? » lance t’il. Encore un Rémi, visiblement ils ont 3 poumons les Rémi. Là j’avoue, quand il a dit « j’ai fait le même parcours que vous mais j’allais pas me lever à 5h00 pour un 3000, ch’uis parti à 09h00 » j’ai repensé à mon chat, ma femme, au gatosport et à toutes ces nouilles … pourquoi ? j’aurais pu manger des saucisses au moins avec. Non, là je crois que les sirènes m’entrainent, c’est irrémédiable, j’ai mal au dos, au cul, aux épaules, au poignet, je vais glisser vers la vallée de l’Eden ou les nains savent encore brasser de la bonne bière … mais, que se passe t il, il descend de son vélo et il, il pousse ! il est humain alors !  Le nain me dit « tu vois que tu peux y arriver, c’est aujourd’hui ou jamais, allez je te met un pack de Chouffe de coté »  C’est ca le mental, une représentation qui tient à peu de chose (à quoi a bien pu penser Walt Disney, ou plutôt Grimm, avec Blanche Neige ?).

Le Gramondo dans la 7ieme heure de VTT, c’est l’heure de vérité: Christophe en lâche un peu et s’extasie devant la déclinaison aigue en prenant des clichés révélateurs de la pente, Jano re médite (peut être dialogue t il avec un nain ?), Sylvain, un peu plus pâle mais du même pas qu’à 07h15 si loin ce matin me lâche irrémédiablement pendant que les Rémi doivent attaquer la 2ieme partie de belote au sommet. Dernier tiers, on est dans les 2800+, j ai jamais dépassé les 2100, je jette le vélo à terre, un nain arrive en deltaplane, il est beau, il me tend un camelback et … non, en fait, j’ai eu un mini blackout: 10 minutes de pause, sucre, barres, étirement et Jano qui ré apparait. Ca y’est, on arrive à la Croix. Le panorama est pire qu’avant, c’est vous dire qu’il est à couper le souffle et les jambes !


Cette fois ci on en profite un peu plus, fantastique sensation de réaliser petit à petit qu’on va boucler ce tour, je me remémore cette année de VTT avec l’ASCVTT en contemplant la mer, les montagnes, l’Italie, merci les gars !

Bon, c’est pas le tout mais faut aller chercher la cime de Berceau et les 3000 toujours pas atteint. Descente dans les cailloux bien accrochés au sol et un changement de trajectoire non annoncé va propulser Sylvain par l’avant au grand dam de son étrier de frein arrière qui va se voir séparé de corps de son flexible. Là, y a pas grand chose à faire si ce n’est rentrer au plus court pendant que nous continuons par un grand travers. Petit jardinage puis ultime remontée avec portage (sinon c’est moins amusant), on débouche sur une petite clairière engazonnée bordée de pins avec une vue sur le mer et Menton, comment dire, à couper …

Et là, qu’est ce qu’on se dit, qu’on l’a fait, qu’on est arrivé et que la descente c’est que du bonheur. Précision de Rémi « au début c’est un peu fuyant ».

Précision de nous tous: au début t’es à pied, le vrai début « fuyant » dure jusqu’à la fin, le frein arrière a 2 doigts parce qu’a 1 tu n’y arrives plus très vite ca fait peur …

Fort de ces dernières sensations, Jano manquant un contact rapproché avec un commando en mission, l’on boucle ce fantastique parcours non sans quelques souffrances supplémentaires dans les 3 dernières mini montées.

Mais l’ultime souffrance est à venir: le bar de Monti est fermé

Allez, merci Sylvain

Marc IV

 


Participants: Shostag, MarcIV, Jeannot, Remi, Frodon, Koby

Données: 3000 m D+ ! 8h00

Topo: Mont Baudon, Mont Ours, Mont Razet, Monte Gramondo, Col du Berceau

3 pensées sur “300(0)

  • 27 mars 2017 à 22 h 23 min
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    Le seul club qui propose alternativement (ou parfois en même temps) des sorties de +300 à +3000m ! 😀

  • 28 mars 2017 à 20 h 59 min
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    Exceptionnel…

  • 29 mars 2017 à 9 h 17 min
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    et dire que pendant tout ce temps la on se la coulait douce (0 portage 0 poussage à la montée et à la descente) à DolceAcqua avec l’équipe B de l’Ascvtt … CR au top , merci les gars pour ce beau récit.

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