Béasse à trois

Béasse à trois

Samedi j’étais de permanence, c’était mon tour de garde des belettes. Par chance en cette fin de torpeur estivale, elles n’étaient pas toutes réveillées, et j’ai finalement récolté mes deux préférées. Mais bon, ce sont quand même des géraldines, et pas des plus faciles. Il m’a donc fallu de la patience, de l’énergie et un brin d’autorité pour canaliser tout ça !

Au Suquet à 9h, il fait presque frisquet. Et heureusement, quand on voit la vague de chaleur déferler les jours suivants ! La blonde n’est pas vraiment réveillée, et la Banana commence déjà à faire une pause marquage de parcours au bout de 200m de bitume. C’est pas gagné.

A Lantosque, la Charlotte fait le plein à la boulangerie où il y a déjà foule. Bon, on peut y aller maintenant ?

Béasse

Béasse Les premières poussettes d’un parcours déjà roulé cette année débutent, alors que le soleil commence à bien s’affirmer, et les mouches aussi.

Jusqu’au col de la Porte, c’est une succession de portages, roulages en travers et en sous-bois, et petites portions de bitume en montée. Les girlies profitent de la moindre occasion pour enchaîner leurs séances d’habillage – déshabillage (je parle des protections bien sûr) tout en devisant sur la vie, les hommes, la couleur de leur tenue, et l’avantage des coupes échancrées.

Je reste stoïque comme d’habitude, prend mon rôle de Bourriquet consciencieusement, et donne même une main secourable dans les rares passages exposés du sentier. Ce qui ne tarit en rien les babillages entrecoupés de classiques de la chanson française dont je ne me souviens plus très bien de la période.

Béasse

Nous arrivons au petit village de St Colomban et son joli moulin retapé au-dessus de la clue du même nom. Passé le premier, j’arrive à bonne vitesse sur le bout de sentier qui descend vers la clue, et tombe nez à nez avec le propriétaire des lieux. Oups, je m’excuse du brouhaha et le préviens quand même de l’arrivée des deux donzelles qui suivent, à vitesse sensiblement identique.

Béasse

Béasse

Petite pause photo dans ce havre de paix, particulièrement frais et accueillant en été (l’hiver, le soleil n’y parvient pas). Le propriétaire, en pleins travaux d’aménagement, commence alors à me résumer l’historique du moulin, et nous propose spontanément la visite de ce qui fait la particularité du lieu : une roue à aubes métallique horizontale.

Béasse

Béasse

Béasse L’eau du canyon était détournée par une gouttière en bois qui entrait directement sous l’édifice pour arriver dans un tunnel sur la roue, avant de ressortir vers le lit du torrent dans un virage à angle droit. La roue, de petite taille, autrefois en bois, et depuis les années cinquante en métal, entraînait directement la meule située à l’étage au-dessus, pour y moudre des céréales ou presser des olives. D’origine germanique, le propriétaire passionné retape depuis 35 ans cette bâtisse qui date de 1857, jusqu’à la rendre habitable, et de fort belle manière.

Les filles seraient bien restées sur la belle terrasse ombragée pour l’apéro mais je les rappelle à l’ordre tandis que nous remercions notre hôte pour cette agréable visite.

Béasse

Béasse

Béasse Nous continuons vers le hameau abandonné de Béasse, toujours aussi magique, avec sa double épingle dans les escaliers finalement réussie par toutes (et tous).

L’homme du moulin nous avait parlé de cueillettes de prunes à faire dans les parages. Eh bien il n’avait pas tord. Aux abords du hameau, c’est un vieux verger qui croule sous les reines-claude débordantes de sucre et de pectine. Et on est pas les premiers à se servir !

Pendant que je profite de ma taille élancée pour secouer les hautes branches fragiles, la Charlotte aux prunes les déguste et les ramasse consciencieusement, tout en faisant des paris sur le premier qui éprouvera des dérangements intestinaux.

Je donne l’excuse du pochon plein pour qu’on roule à nouveau, et que l’on atteigne enfin le col de la Porte, lieu prévu pour le picnic du jour, et départ de LA descente du jour.

Béasse

Arrivés au col après ces quelques kilomètres de bitume qui tirent sur les jambes, on est seuls au monde pour déguster nos tartines de Bordeaux Chesnel, au milieu des fûts de pins calcinés, entassés là par les forestiers qui nettoient encore la forêt de Lucéram dévastée en 2003.

Béasse

Dernière séance d’habillage pour les belettes, tandis que la Bleue salée photographie le Bourriquet et sa Banana smilie, avant d’entamer le dessert du jour.

Béasse

Béasse

Béasse Les 800m négatifs sont vite avalés. Malgré un pincement de la Charlotte pour cause de chambre à air fine comme une crêpe, je suis obligé d’occuper toute la largeur du sentier pour contenir les assauts des filles libérées, le tout sur fond de chanson folklorique bretonne (« j’entends le loup, le renard et la belette ») que j’avais soit-disant collé dans la tête à Magali pendant la pause déjeuner.

On ne se lasse pas des musts, et cette descente en reste un. Je fais un peu de ménage à l’occasion car de nombreux blocs on roulé jusqu’au sentier, tandis que branches et arbres morts le traversent inopinément, ce que ces dames apprécient.

Heureusement que l’essentiel du parcours se passe à l’ombre, car la chaleur se fait de plus en plus pressante, et on la sent particulièrement dans la partie finale au-dessus de la Vésubie.

Les derniers enchaînements d’épingles bien techniques jusqu’au Suquet sont magnifiquement passés. Même Banana qui souffre dans les droites prend exemple sur Charlotte en y allant plus franchement, et ça marche.

Béasse

Mission accomplie. J’ai tenu le coup et la gente féminine semble ravie. Comme quoi, c’est pas si difficile que ça 😉

Béasse

3 pensées sur “Béasse à trois

  • 27 août 2007 à 15 h 55 min
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    Mouais!!!!!on voit bien que vous vous étes fait chier sans nous…..Hein schtroumpfette???? La prochaine on sera là toutes les 4 , on verra Bourriquet si t’arrive a aussi bien "gérer"
    Lolotte

  • 10 octobre 2007 à 18 h 09 min
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    Un petit mot pour vous dire bravo … Vos reportages photos sont super … et c’est grace à votre reportage photos du Mondial VTT de 2005 que nous 3 (en 2006), 6 en 2007 & 10 en 2008 (En cours de résa au camping Champs du Moulin à Venosc) sommes devenus fou de cette manifestation … Alors encore merci …
    Thierry.

  • 10 octobre 2007 à 18 h 47 min
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    Merci Titi ! Ravi de voir l’impact du blog et de nos comptes-rendus, un peu plus rares ces derniers temps il est vrai, non pas par manque de sorties (tous les week-ends) mais par manque de temps pour les quelques rédacteurs habituels. Pour ma part, http://www.slickrock.fr m’en monopolise pas mal, du temps !

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